total-data

Total, l’une des 7 compagnies pétrolières “SuperMajor”, a récemment ouvert son usine numérique “Digital Factory” en début d’année à Paris. La Digital Factory réunira jusqu’à 300 profils différents, tels que des développeurs, des spécialistes data et d’autres experts en digital, afin d’accélérer la transformation numérique du groupe.

Plus précisément, la Digital Factory de Total vise à développer les solutions numériques dont Total a besoin pour améliorer ses opérations de disponibilité et de coût afin d’offrir de nouveaux services à ses clients. Leurs priorités sont principalement centrées sur la gestion et le contrôle de la consommation d’énergie, la capacité à étendre leur portée à de nouvelles énergies distribuées, ainsi qu’à fournir des solutions plus respectueuses de l’environnement. L’ambition de Total est de générer 1,5 milliard de dollars de valeur par an pour l’entreprise d’ici 2025.

A l’occasion du concours du Meilleur Développeur de France 2019, Patrick Pouyanné, Président-Directeur Général de Total, a déclaré

« Je suis convaincu que le digital est un moteur essentiel pour atteindre nos objectifs d’excellence dans tous les secteurs d’activité de Total. La Digital Factory de Total servira d’accélérateur, permettant au Groupe de déployer systématiquement des solutions digitales sur-mesure. L’intelligence artificielle (IA), l’Internet des objets (IoT) et la 5G révolutionnent nos pratiques industrielles, et nous aurons le savoir-faire à Paris pour les intégrer le plus tôt possible dans nos activités. La Digital Factory attirera également les nouveaux talents indispensables à l’avenir de notre entreprise ».

 

Qui compose les équipes de la Digital Factory ?

Dans une interview accordée à Forbes en octobre dernier, Frédéric Gimenez, Chief Digital Officer de Total et responsable du projet Digital Factory, a décrit la manière dont les équipes seront structurées au sein de l’usine numérique. 

Comme mentionné ci-dessus, l’équipe comptera environ 300 profils différents, tous travaillant selon des méthodologies agiles : les lignes managériales seront auto-organisées, sans hiérarchie, en grande autonomie et les cycles de développement seront courts afin de « test & learn » rapidement et efficacement. 

 Gimenez explique qu’il y aura plusieurs équipes dans son usine numérique :

  • Le Data Studio, qui sera composée de data scientists. Le CDO (Chief Data Officer) de Total sera le responsable de cette équipe et leurs principales missions seront d’acculturer l’entreprise aux données et de gérer les compétences data de la Digital Factory. 
  • Un pool de développeurs et de coachs agiles.

  •  Le Design Studio, regroupera des professionnels de l’UX et de l’UI. Ils contribueront à l’élaboration de diverses idées créatives et interviendront non seulement au stade de l’analyse des projets commerciaux de Total, mais aussi au cours du parcours du client.

  • Une équipe Tech Authority, chargée de la sécurité et de l’architecture data, afin de transformer efficacement leur legacy dans un environnement digital.

  • Une équipe « plateforme », qui sera en charge des différents stockages de données tels que leur environnement Cloud, leur data lake, etc.

  •  Un bureau Product & Value, chargé de gérer le portefeuille de la Digital Factory, il évaluera la valeur des projets avec l’entreprise et analysera tous les cas d’utilisation soumis à la Digital Factory. 
  • Un service des ressources humaines et un secrétariat général 

  •  Des Product Owners qui viennent du monde entier. Ils sont formés aux méthodes agiles dès leur arrivée et sont ensuite inclus dans leur projet pendant 4 à 6 mois. Ils accompagnent ensuite à la transformation digitale.  

Ces équipes seront bientôt réunies dans un espace de travail de 5 500 m2 au cœur de Paris dans le 2ème arrondissement, un espace ouvert favorisant la créativité et l’innovation. 

 

Comment fonctionne la gouvernance chez Digital Factory 

Gimenez a expliqué que les métiers sont responsables de leurs cas d’utilisation dans la Digital Factory.

Cette usine analyse l’éligibilité de leurs cas d’utilisation à travers quatre critères :

  • Valeur apportée lors de la 1ère itération et lors de sa mise à l’échelle 
  • Faisabilité (technologie / données)
  • Appétence du client / Impact interne
  • Scalabilité 

Un comité interne de l’Usine numérique décide alors si le cas d’utilisation est pris en charge ou non et la décision finale est validée par Gimenez lui-même. 

Pour une bonne coordination avec les métiers, les représentants digitaux des branches sont également situés au sein de la Digital Factory. Ils sont chargés d’acculturer les métiers et de piloter la génération d’idées, mais aussi de veiller à la cohérence des initiatives numériques de leur branche avec les ambitions du Groupe, Total les appelle les Digital Transformation Officers. 

 

Premiers succès de la Digital Factory de Total

Digital Factory a démarré en mars dernier et a déployé ses premières équipes en avril lors du premier confinement en France. Dans l’interview accordée à Forbes, M. Gimenez a expliqué que 16 projets sont en cours avec un objectif de 25 squads en régime permanent.

Les deux premières solutions numériques seront livrées d’ici la fin de l’année :

  • Un outil pour Total Direct Energie pour aider les clients à trouver le meilleur échéancier de paiement en utilisant des algorithmes et de la data

  • Une solution d’optimisation logistique basée sur l’IoT des camions pour la branche Marketing et Services, qui sera déployée dans 40 filiales.

Par ailleurs, Total a réussi à attirer des experts tels que des data scientists (malgré une forme de communication encore très limitée comme Welcome to the Jungle ou Linkedin) et à les fidéliser en proposant une diversité de projets.

« Nous réalisons actuellement une première évaluation de ce qui a fonctionné et de ce qui doit être amélioré, nous sommes dans un processus d’adaptation permanente », a déclaré M. Gimenez.

 

La Digital Factory dans le futur ?

Gimenez a conclu l’interview de Forbes en disant que la principale raison du succès de son projet est la mobilisation générale que tout le monde a conservé malgré le contexte sanitaire : « Nous avons reçu plus de cas d’utilisation que nous ne sommes en mesure d’en fournir (50 projets par an pour alimenter en permanence nos 25 squads) !

Sinon, nous avons Total a deux grands ensembles de KPI :

. mesurer le bon fonctionnement des squads en examinant les KPI de leurs méthodologies agiles

. suivre la valeur générée

 

Vous souhaitez déverrouiller l’accès aux données pour votre entreprise ?

Vous êtes dans l’industrie ? Obtenez les clés pour déverrouiller l’accès aux données de votre entreprise en téléchargeant notre nouveau livre blanc « Unlock data pour l’industrie ».